Rêves dorés

“L’hyper-civilisation”, Nawel Louerrad

 

 

Dans un bar anonyme de Monteverde*

La retraitée avec sa machine à sous

A l’air de piloter un vaisseau spatial

Puis elle s’approche pour me parler de Matisse

Les petites vieilles tout autour

Consument des heures et des heures

Et des tickets à gratter

Ils prennent des chemins si ardus, les espoirs

Les nôtres sont alimentés par le réseau électrique

Qui saute toutes les trois minutes

Mais peu importe

Je monte sur mon vélo aux os rouillés

Et je chante une chanson triste à pleins poumons

L’avantage c’est qu’ici personne ne t’écoute

Ou alors c’est un problème, je ne sais plus.

Le philosophe dans le tram parle avec son chien

« Toujours accrochés à leur téléphone

Toujours accrochés à leur argent,

Toujours accrochés à ces conneries,

Regarde-les ces gens »

Ils te haïssent tous dans ce wagon, cher philosophe.

Tous te regardent, personne ne t’écoute

Et moi j’ai juste envie de te souhaiter

Un lit chaud pour dormir

Et faire des rêves dorés.

Giulia B. Filpi

*quartier résidentiel de Rome

 

Traduction  : Giulia Filpi et Nina Hubinet

Poème publié le 20 mars 2015 sur le blog de Giulia Filpi, piccola.delirio

Image : “L’hyper-civilisation”, dessin de Nawel Louerrad

 

 

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